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« L’engagement de l’écrivain est une justification : une tentative pour faire croire que c’est grave d’écrire, que ça compte, que ça change quelque chose au monde. Ce qui est vrai en ce sens que n’importe quel acte change quelque chose au monde, même d’éternuer. Mais ne grossissons pas l’importance des éternuements littéraires. Manier une mitraillette ou une charge de plastique reste une activité plus efficace, plus lourde de responsabilité et plus intense »
    G. Hyvernaud, feuilles volantes

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Mercredi 15 juin 2005 3 15 /06 /2005 10:52
Ce soir, je suis rentré avec la ferme intention d'écrire. C'est monté petit à petit, tout au long de l'aprem, comme une bonne envie de chier. De chier sur la terre entière. Je voulais continuer mon texte, achever d'expulser le trop-plein de ce que j'ai digéré. Ou dû digérer.
Bref, on s'en branle du champ lexical de la digestion et du caca. Te fous pas de la gueule du monde, tu voyais ça en sixième avec Mme Calvet.
Du coup, j'ai mangé, vu que j'avais sauté mes repas depuis hier midi (le Sum, quel coupe-faim! Dire que personne n'en parle!!). En fait, c'était surtout pour me faire une petite armure. J'ai badigeonné les parois à l'huile d'olive... J'ai préparé le terrain pour la suite, parce que la suite, c'est du rhum. Du bon rhum blanc Papagayo à 6 euros 15 les 70 centilitres à 40 degrés. C'est dégueulasse, mais rapport qualité/prix... non, en fait rapport prix, c'est ce qui se fait de mieux à mon magasin Franprix. C'est l'avantage de vivre dans un quartier pauvre, pardon, dans un quartier qui a encore son âme de village buccolique de Provence. On n'a pas à se fader le rhum du Monoprix où faut un mois de SMIC pour pécho une petite claque.
Bref, on s'en branle de mes réfléxions de parisien. Te fous pas de la gueule du monde, tu disais ça y'a déjà deux ans...
Du coup, comme maintenant je commence à être pété, je prépare les lieux Je tourne ma table basse vers la baie vitrée, je relève les stores, et je suis prêt à m'installer avec la meilleure vue possible. Sur tout et sur rien. Faut voir pour comprendre. Et là, il ne me reste plus qu'une chose à faire, une seule. La plus importante. La chose décisive:
CHOISIR LA MUSIQUE (tadam!!!)
(pour faire écho à une ancienne conversation à laquelle j'ai participé au mieux en Normand, je teste voir si on a les affects de sa musique. Expérience in vivo, sans fonds européens. La crise de la recherche, parles en à mon cul!!)
Parfois, le soir, quand je rentre, j'allume la télé. L'autre jour, sur Canal, ils ont repris un vieux morceau de Tricky sur Maxinquaye. J'ai immédiatement eu envie de l'écouter, puis la flemme de le chercher, la vie quoi! Mais là l'envie me reprend... En attendant, je fais tourner le live de Portishead, celui avec l'orchestre philarmonique. Juste pour ré-entendre la putain de montée de Glorybox.
Je cherche Tricky dans ma discothèque, mais on dirait qu'il se cache. En plus, j'arrive pas à remettre la main sur mon souvenir où je vois la tranche du boitier, et je sais encore moins que chercher. Je suis obligé de me taper toutes les pochettes, une par une. Au début c'est relou. Après je me rends compte à quel point je zappe les choses.
C'est vrai finalement, je brasse du son, beaucoup de nouvelles choses qui chassent les anciennes. Deux semaines pour décortiquer cinq albums et dégage. J'ai besoin de place pour me construire. Là c'est l'occasion de revoir quelques pépites, de les refaire tourner finalement, puisque je n'arrive toujours pas à retrouver le putain de Tricky sa mère la pute brûlée vive en enfer.
Exemples? Bon, OK, en voilà: une éternité que je n'ai pas écouté:
-Another Lonely Day de Ben Harper
-Caravan de Blur
-The River de Bruce Springsteen
-Sounds of Time d'Elusive
-Petit Pays de Césaria Evora
-Lifesaver de Jazzmataz
-...
Je suis forcé de le reconnaitre, au milieu j'ai bien quelques merdes, comme on en traine tous. A titre indicatif, le dernier album de Christophe, celui des Mots Bleus..., le troisième album de Morcheeba, et je dois même avoir un Moby quelque part, mais je ne le vois pas plus que le TRICKY SALOPE QUI JOUE AVEC MES NERFS!!!
Mais le plaisir d'une discothèque, c'est ça finalement. Remettre la main sur. Par hasard, sur un malentendu, ou pas. Repasser une vieillerie et repartir illico en trip. Tourner les pages de la pochette pendant que la musique trace sa route. Ressentir. Re-sentir.
Tiens! En voilà d'autres:
-Sultans of Swing de Dire Straits ( live BBC 78 )
-Le Chien Mouillé de Miossec
-Favorite Adventure de KS Choice
-Suspicious Mind d'Elvis
-Wonderwall d'Oasis
-Take Five de Dave Brubeck
-Angel de Massive Attack
-Fullclip de Gangstarr
-Rose Rouge de St Germain
En fait, je sais pas trop où je comptais finir, mais je les écoute l'un après l'autre au fur et à mesure et là celui que j'écoute est en train de me couper la chique. Alors on va dire qu'avant de m'effondrer complètement et de rendre cette note encore plus lourde, on va y mettre un point final.
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Par n. - Publié dans : écrits
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