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« L’engagement de l’écrivain est une justification : une tentative pour faire croire que c’est grave d’écrire, que ça compte, que ça change quelque chose au monde. Ce qui est vrai en ce sens que n’importe quel acte change quelque chose au monde, même d’éternuer. Mais ne grossissons pas l’importance des éternuements littéraires. Manier une mitraillette ou une charge de plastique reste une activité plus efficace, plus lourde de responsabilité et plus intense »
    G. Hyvernaud, feuilles volantes

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Lundi 4 juillet 2005 1 04 /07 /2005 09:57
Parfois, on dirait que tout se prépare calmement à faire chier son monde, et en fait ça marche pas.
Ce matin, je me réveille spontanément, ou presque. En tout cas pas assisté par mon réveil.
6h12.
Je n'ai pas fermé les stores hier soir, et de mon lit, je vois les petites gouttes d'eau qui viennent heurter le sol de la terrasse. Plic, ploc. Le bruit délicat emplit la pièce doucement, comme une caresse. Sur ma petite table, c'est toujours le bordel, assiettes sales, paquets de clopes, revues, livres, cds, et un demi-oinj de weed dans le fond d'un cendar.
Puis ça pète sévère. Tout claque, je sens la vibration me traverser le corps d'avant en arrière. On dirait qu'un gros orage roule sur ma ville. Je m'extirpe fébrilement de la couette pour achever d'ouvrir le store et vérifier de visu. J'aime l'orage. Je ne veux rien rater.
Une demie lumière déferle sur l'appart. Devant moi le ciel est bas sur les toits, on dirait presque qu'il cherche à se faire déchirer le ventre pour se répandre encore plus salement. Béton gris et nuages gris. Chaque dizaine de secondes, un éclair cisaille l'horizon, saturation de blanc, sur-exposition, puis retour au gris. Le tonnerre parvient à mes oreilles, et recommence la scène de vibration. Expérience multi-sensorielle chérie, comme nous nous retrouvons...
Souvenir d'orages observés en bord de mer, couché à plat-ventre dans le sable.
Je mets du son, un truc un peu agressif, un peu trippé, électronique, fiévreux.
Je fais couler du café, le mug est brûlant, je le cale entre mes cuisses en me recouchant. Je rallume le cul de joint avec le café, le tonnerre se greffe comme un sample sur le beat que crachent les baffles. L'oreiller me dévore, m'englue, mes yeux s'affaissent, se ferment à moitié mais ma rétine imprime et s'imprègne encore.
6h30. J'ai encore trois quarts d'heure devant moi...
Par n. - Publié dans : écrits
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