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« L’engagement de l’écrivain est une justification : une tentative pour faire croire que c’est grave d’écrire, que ça compte, que ça change quelque chose au monde. Ce qui est vrai en ce sens que n’importe quel acte change quelque chose au monde, même d’éternuer. Mais ne grossissons pas l’importance des éternuements littéraires. Manier une mitraillette ou une charge de plastique reste une activité plus efficace, plus lourde de responsabilité et plus intense »
    G. Hyvernaud, feuilles volantes

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Mardi 22 août 2006 2 22 08 2006 10:43

C'est le nom d'un album de The Smiths, de 86.
Thom Yorke y fait largement référence dans le dossier des Inrocks, comme un album incontournable des années 80, et surtout comme un album qu'il écoute toujours.
Donc j'achète...
Donc j'écoute...
Bon...
OK Computer est un album révolutionnaire pour moi. Il proposait, lorsqu'il est sorti, un nouvel angle d'attaque sur le rock. Un avant et un après. Apparemment, the queen is dead serait une sorte de OK Computer des eighties...
Ah...
Je reste dubitatif...
En fait je crois que ce sentiment de révolution n'est accessible, intellectuellement parlant, que lorsqu'il se produit. On n'est pas touché que par l'esthétique, ou alors on est également touché par l'esthétique de la rupture, de la ligne de fuite... Là, j'ai l'impression que je connais déjà tout ça, que ça fait parti de ma culture de fond. Je connais ce son sec de batterie, cette manière d'utiliser la basse, et aussi cette façon de chanter.
Mais j'ai du mal à voir d'où vient la révolution...
C'était quoi l'époque? La new wave? Les derniers râles du disco? La fin du punk? La pop façon Phil Collins sans Genesis? On ne sait pas d'où est venue la rupture, on passe à côté, tout ça appartient à une décennie, c'est une partie d'un bloc, mais qu'on ne peut plus partionner. Savoir commun et partagé.
Alors je me dis merde. Pas pour les Smiths, pour Radiohead.
Je me dis un jour j'aurai peut-être réussi à me reproduire, et j'aurai fatalement envie de partager OK Computer avec mes gamins... et je réalise que je ne pourrai pas...
Ils auront le sentiment que j'ai avec The Smiths. Le sentiment de passer à côté...
Comme si on essayait de retrouver à 40 ans la naïveté qu'on a eu la première fois qu'on a mangé de la barbe à papa lorsqu'on était enfant... En somme, le savoir devient presque une barrière à la surprise...
Je me dis ça en marchant dans la rue de Turbigo. Y'a la même grosse crotte de chien écrasée que hier soir quand je suis rentré du bureau.
Là aussi je reste dubitatif.
Dans la lignée de tout ça, je repense à ce we et à Eternal Sunshine. Deux phrases qui ont retenues mon attention. La citation de Nietzsche d'abord, heureux les oublieux... On comprend bien d'un coup le rapport entre la mémoire, le souvenir, et la vie, et pourquoi Moustache nous a collé l'enfant comme idéal créateur... La seconde c'est lorsque Jim Carrey pense à son ex. Naomie au début du film, se demandant s'il ne devrait pas se remettre avec elle. Il dit une phrase qui a trop retenue mon attention: gentille c'est bien... Dans ce gentille, y'a une sorte de résignation qui m'a fait mal au coeur. Gentille, comme Marie était une fille gentille. Avec tout ce que ça comporte de positif, et de planplan...
Ce we c'est Rock en Seine. Vendredi soir, pendant que je serai devant DJ Shadow, y'a Morissey qui jouera. C'était le leader des Smtihs. Et samedi soir c'est Radiohead. Mon pioupiou à l'oeil crevé. Une belle esthétique des années 90.
Voilà, c'est le bureau. L'ordi, les faxs qu'on voudrait voir arriver, les coups de fils aux agences. Y'a Amélie qui passe devant moi. Amélie aussi c'est une gentille c'est bien. Pas de bonne, mais pas de mauvaise surprise. C'est un choix.
Gentille, c'est bien.
Gentille, c'est adulte.
Gentille, c'est plus un enfant.


Par n. - Publié dans : sur l'instant
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