Lundi 28 février 2005
Chaque fois que je descends sur Grenoble, c’est l’occasion de faire un break avec la vie « de parisien » qui devient la mienne. Ne plus penser métro, périph, bouchons, béton.
Et retrouver les gens avec qui je me sens capable d’être assez proche de ce que je pense être moi, ma façon d’être, sans avoir à trop me protéger.
Samedi, j’ai aidé A. à faire son ménage. En allant jeter les poubelles, on échange un long regard, mais pas un mot, et pourtant on se comprend direct : devant nous, des gens ont jeté un clic-clac et on scotché un mot « ne vous inquiétez pas, on revient le prendre pour aller le jeter aux encombrants ». Celui d’A. est pourri, il ne bloque plus en position assis !! On tergiverse un peu mais on finit par venir le prendre, on le remonte, et on fait l’échange avec le sien, non sans avoir essayé de faire un mix des deux pour n’en garder que le meilleur, mais c’est peine perdue, ils m’ont pas les mêmes tailles, rien ne correspond. On redescend son ancien clic-clac au local poubelle et là, finition main, on recolle le scotch et son message sur le canapé. On se marre en pensant aux zigues qui vont débarquer en pensant aller jeter leur vieux canapé et qui vont en retrouver un autre à la place, avec son petit mot toujours là!
Samedi soir C. est allée au gala de mon ancienne école avec M. On est allé la chercher à trois plombes du mat’, elle était toute morte, elle nous a trop fait rire. Je la trouvais trop attendrissante, à nous répéter des « vous êtes chhhhentils » avant d’aller se coucher. Ensuite j’ai pas trouvé le sommeil, me suis levé et ai bouquiné jusqu’à plus de six heures du mat’, puis me suis recouché (après avoir bu un peu de rhum pur histoire d’être sûr de dormir !!) mais n’ai dormi que 4h. 10h30 j’étais debout, retour dans la cuisine pour lire. À ma gauche, la chambre d’A., avec C qui dort. Au milieu, moi. À droite le salon avec A. qui dort. Ca m’a fait rire de nous imaginer chacun dans notre petit box, avec notre petite occupation, nos petits soucis. Ça m’a rappelé à quel point parfois on peut être seul dans l’existence.
C. le répète à chaque fois à A. : « tu es belle ». Et c’est vrai, je la trouve magnifique. Il y a quelque chose en elle qui m’a toujours attiré, depuis la première fois où je l’ai croisée à l’école, en première année. Émanait d’elle une sorte d’aura mystérieuse qui attirait l’attention (voire les convoitises) dans un premier temps, avant qu’elle ne dégaine son regard noir qui semblait dire « contente toi de ce regard pour te tirer, me force pas à ouvrir la bouche, tu le regretterai ». Je m’en suis tenu là longtemps, je la regardais de temps en temps, de loin en loin, empêtré dans ma vie quotidienne, ma timidité, mon élitisme face aux sup de cows ; sans imaginer une seule seconde ce qu’elle serait aujourd’hui à mes yeux. Ses traits réguliers, sa peau mate et chaude, ses yeux noirs, la courbe de ses épaules, la musculature discrète de son corps, le tout dans un format qui s’encastre idéalement entre mes bras ; je la scrute sous n’importe quel angle et je me sens comme désarmé.
J’aime prendre le temps de la regarder. Parfois quand elle dort, que son visage est détendu. Elle a l’air sereine ; je passe les cheveux qu’elle a devant les yeux derrière ses oreilles, je lui glisse un baiser dans le cou ou sur le front. Je peux prendre mon temps, je suis pas pressé. Parfois à la dérobée, juste pour jouir des expressions qui animent son visage, parfois l’espace d’une seconde, un œil qui brille, un muscle qui se tend, un sourire contenu ou épanoui, toute chose que je sais maintenant interpréter.
J’aime ces moments où on ne se parle pas mais où on se comprend d’un regard. Parfois, je voudrais arriver à lui dire des choses difficiles, que j’ai du mal à verbaliser, et je lis dans ses yeux le moment venu que je n’en ai pas besoin, je sais qu’elle les a lus, et je sais ce qu’elle en pense. On pourrait avoir de longues conversations comme cela, où les mots viendraient juste de temps en temps valider concrètement l’avancée de nos échanges de pensées. Et je continuerai à la trouver belle de l’intelligence qui brille au fond de ses pupilles.
Mais il a bien fallu se quitter, j’ai pris le tram jusqu’à la gare, la mort dans l’âme. Même la perspective de continuer mon bouquin me laissait froid.
Envie régressive de me serrer dans ses bras pour attendre que le monde ait fini de s’écrouler.
Samedi, j’ai aidé A. à faire son ménage. En allant jeter les poubelles, on échange un long regard, mais pas un mot, et pourtant on se comprend direct : devant nous, des gens ont jeté un clic-clac et on scotché un mot « ne vous inquiétez pas, on revient le prendre pour aller le jeter aux encombrants ». Celui d’A. est pourri, il ne bloque plus en position assis !! On tergiverse un peu mais on finit par venir le prendre, on le remonte, et on fait l’échange avec le sien, non sans avoir essayé de faire un mix des deux pour n’en garder que le meilleur, mais c’est peine perdue, ils m’ont pas les mêmes tailles, rien ne correspond. On redescend son ancien clic-clac au local poubelle et là, finition main, on recolle le scotch et son message sur le canapé. On se marre en pensant aux zigues qui vont débarquer en pensant aller jeter leur vieux canapé et qui vont en retrouver un autre à la place, avec son petit mot toujours là!
Samedi soir C. est allée au gala de mon ancienne école avec M. On est allé la chercher à trois plombes du mat’, elle était toute morte, elle nous a trop fait rire. Je la trouvais trop attendrissante, à nous répéter des « vous êtes chhhhentils » avant d’aller se coucher. Ensuite j’ai pas trouvé le sommeil, me suis levé et ai bouquiné jusqu’à plus de six heures du mat’, puis me suis recouché (après avoir bu un peu de rhum pur histoire d’être sûr de dormir !!) mais n’ai dormi que 4h. 10h30 j’étais debout, retour dans la cuisine pour lire. À ma gauche, la chambre d’A., avec C qui dort. Au milieu, moi. À droite le salon avec A. qui dort. Ca m’a fait rire de nous imaginer chacun dans notre petit box, avec notre petite occupation, nos petits soucis. Ça m’a rappelé à quel point parfois on peut être seul dans l’existence.
C. le répète à chaque fois à A. : « tu es belle ». Et c’est vrai, je la trouve magnifique. Il y a quelque chose en elle qui m’a toujours attiré, depuis la première fois où je l’ai croisée à l’école, en première année. Émanait d’elle une sorte d’aura mystérieuse qui attirait l’attention (voire les convoitises) dans un premier temps, avant qu’elle ne dégaine son regard noir qui semblait dire « contente toi de ce regard pour te tirer, me force pas à ouvrir la bouche, tu le regretterai ». Je m’en suis tenu là longtemps, je la regardais de temps en temps, de loin en loin, empêtré dans ma vie quotidienne, ma timidité, mon élitisme face aux sup de cows ; sans imaginer une seule seconde ce qu’elle serait aujourd’hui à mes yeux. Ses traits réguliers, sa peau mate et chaude, ses yeux noirs, la courbe de ses épaules, la musculature discrète de son corps, le tout dans un format qui s’encastre idéalement entre mes bras ; je la scrute sous n’importe quel angle et je me sens comme désarmé.
J’aime prendre le temps de la regarder. Parfois quand elle dort, que son visage est détendu. Elle a l’air sereine ; je passe les cheveux qu’elle a devant les yeux derrière ses oreilles, je lui glisse un baiser dans le cou ou sur le front. Je peux prendre mon temps, je suis pas pressé. Parfois à la dérobée, juste pour jouir des expressions qui animent son visage, parfois l’espace d’une seconde, un œil qui brille, un muscle qui se tend, un sourire contenu ou épanoui, toute chose que je sais maintenant interpréter.
J’aime ces moments où on ne se parle pas mais où on se comprend d’un regard. Parfois, je voudrais arriver à lui dire des choses difficiles, que j’ai du mal à verbaliser, et je lis dans ses yeux le moment venu que je n’en ai pas besoin, je sais qu’elle les a lus, et je sais ce qu’elle en pense. On pourrait avoir de longues conversations comme cela, où les mots viendraient juste de temps en temps valider concrètement l’avancée de nos échanges de pensées. Et je continuerai à la trouver belle de l’intelligence qui brille au fond de ses pupilles.
Mais il a bien fallu se quitter, j’ai pris le tram jusqu’à la gare, la mort dans l’âme. Même la perspective de continuer mon bouquin me laissait froid.
Envie régressive de me serrer dans ses bras pour attendre que le monde ait fini de s’écrouler.
commentzzz